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Les fleurs nagent comme des poissons de lumière

(V. Woolf, Les vagues)
2018 Installation vidéo

Reprendre possession de soi-même à travers l’image renvoyée par son propre corps : Durant deux mois, 40 fois exactement (40 = temps de réflexion dans de nombreux textes sacrés), je suis allée nager 40 longueurs en me chronométrant et en tentant de gagner de la vitesse.
Etant une ancienne nageuse, je me suis demandé comment réagirait mon corps si je lui demandais de se remettre dans les mêmes conditions qu’il y a 20 ans.
Il s’agissait bien de se “remettre en condition physique” avec toute la symbolique véhiculée autour de cette problématique.
J’utilise mon propre corps comme matière première dans ce travail, moins dans l’idée de l’autoportrait que dans l’intention de toucher à une problématique universelle :le temps qui passe, question lancinante pour tous et pour les femmes en particulier.

Je fus suivie dans ce projet par un ostéopathe et une nutritionniste et j’ai pu bénéficier d’un massage thai par une amie durant 50 minutes juste avant de nager, au bord de la piscine en présence des autres nageurs.

Chaque jour, je me prenais en photo dans la cabine après la nage et la publiais immédiatement sur les réseaux sociaux avec mes temps du jour les conditions de la nage (dialogue entre la performance sportive et artistique) et la chanson choisie. Auparavant, j’avais demandé aux personnes suivant le projet au jour le jour, de me proposer une chanson en français (issue de la culture populaire) que je leur dédicaçais: je “chantais” en nageant sur le principe de la “nage parrainée”.

Depuis toujours, nager et chanter sont les actions qui me tiennent en vie.
 Je chante donc également sur la bande-son. 


Le sujet réalise un fantasme: Etre seule une petite heure dans sa piscine publique habituelle.
Elle peut vivre ce moment à la fois comme douloureux (son corps ne répond pas à toutes ses attentes, elle nage plus lentement que les jours précédents, elle est blessée à plusieurs endroits) mais aussi comme quelque chose d’onirique, d’irréel.
L’idée du plan-séquence (dans l’eau), à savoir, montrer les 40 longueurs en temps réel, est d’axer le regard vers la lenteur, la nage imparfaite), la dureté de l’effort.
Le tournage s’est déroulé dans la piscine du jeu de Balle à Bruxelles : nous avions 55 minutes de piscine vide.